En 2016, lors du JEWC à Florianópolis au Brésil, le Global Council a été créé afin de promouvoir le concept de Junior-Entreprise à travers le monde et de faciliter les échanges entre les confédérations. En effet, bien que le concept de Junior-Entreprise (J.E.) soit né en France, il y a maintenant 50 ans, celui-ci s’est répandu à travers les continents. Il n’existe aujourd’hui pas moins de 1026 Junior-Entreprises implémentées dans 44 pays. Nous faisons ainsi parti du premier mouvement étudiant entrepreneurial mondial, ayant réalisé 15 500 projets pour un total de 23.9 M de dollars en 2017. Le Global Council travaille aujourd’hui sur différents projets dont, notamment, l’Exchange Program, permettant aux Junior-Entrepreneurs de visiter d’autres Junior-Entreprises à travers du monde.

Parmi ces différentes confédérations, la confédération brésilienne, Brasil Junior, est la plus importante avec plus de 600 Junior-Entreprises et un chiffre d’affaires de R$33 000 000 (~7 000 000 €). Ce mouvement, qui fête ses 30 ans cette année, connaît une forte croissance, avec des Junior-Entrepreneurs impliqués souhaitant avoir un réel impact sur la société brésilienne. C’est donc pour découvrir ces J.E, pour échanger et m’inspirer de leur mode de travail que je suis partie pendant 1 mois en immersion au sein des Junior-Entreprises brésiliennes. Mon séjour a commencé à Rio de Janeiro, auprès de la Présidente de CETA Junior Consultoria, qui est spécialisée dans l’ingénierie alimentaire. Je suis ensuite allée à Florianópolis au sud du pays, où j’ai été accueillie par la Junior-Entreprise EJEP, réalisant des missions d’ingénierie de production. Par la suite, je me suis rendue à Juiz de Fora, à la rencontre de Campe Consultoria, une Junior-Entreprise qui regroupe trois spécialités : le commerce, la comptabilité et l’administration. J’ai ensuite fini mon séjour à Ouro Preto au congrès National Brésilien où j’ai pu me rendre compte de l’ampleur du mouvement brésilien !

Christo Redondo in Rio x SEPEFREI

Christo Redondo in Rio x SEPEFREI

Le concept et le rôle des Junior-Entreprises restent très similaires à celui des J.E. Française, malgré tout, j’ai pu constater de nombreuses différences dans leur façon de travailler et d’appréhender leur expérience J.E. Tout d’abord, le système scolaire brésilien est très différent du notre. Les universités brésiliennes regroupent des dizaines de milliers d’étudiants dans toutes les disciplines : ingénierie, pharmacie, art, sport, commerce, administration, etc. Ainsi, il existe plusieurs Junior-Entreprises au sein de la même université : chacune spécialisée dans un domaine. J’ai par exemple pu visiter l’université fédérale de Santa Catarina, qui regroupe 23 Junior-Entreprises ! De plus, le Brésil ne connaît pas de professions réglementées par un ordre comme on peut le voir en France, chaque département des universités peuvent donc ouvrir leur propre Junior-Entreprise. Il existe par exemple des Junior-Entreprises de Pharmacie, qui vont s’occuper de la rédaction de notices de médicaments, des Junior-Entreprises de Journalisme, qui vont écrire des articles sur les réseaux sociaux, des Junior-Entreprises d’art et de design, qui peuvent réaliser des projets de conception de ligne de vêtements, etc. Il y a une très grande diversité de Junior-Entreprises, qui peuvent réaliser des missions de toutes sortes. Par ailleurs, les universités brésiliennes fonctionnent en semestre : la rentrée se fait en juillet ou en janvier et il faut généralement valider 10 semestres pour obtenir son diplôme. Ainsi, la majorité des Junior-Entrepreneurs ne font pas des mandats d’un an, mais de 6 mois. Dans beaucoup de Junior-Entreprises, ils passent une semaine, au début de chaque semestre, où ils ferment la J.E. et organisent des formations et des exercices pour la nouvelle équipe. C’est également l’occasion de réfléchir tous ensemble à la stratégie du semestre et de nouer des liens entre les membres de l’équipe. Les mandats étant plus court, les Junior-Entrepreneurs peuvent tester plusieurs postes, par exemple, un membre restant 1 an et demi dans la structure pourra s’exercer à 3 postes différents. Ceci influe une plus grande dynamique aux J.E. avec des membres qui ont une expérience plus large et une nécessité de s’impliquer à 100 % pour pouvoir réaliser leurs projets et atteindre leurs objectifs.

Campe x SEPEFREI

Campe x SEPEFREI

J’ai pu constater durant mon séjour des différences dans la façon de travailler entre les J.E. Françaises et Brésiliennes. Pour pouvoir se comparer entre elles, les J.E. sont réparties par niveaux allant de 1 à 5. Les Juniors sont répartis en fonction de leur chiffre d’affaires, du nombre de projets réalisés et du nombre de membres au sein de la structure. Ainsi, chaque année, les Junior-Entreprises ont des objectifs à atteindre afin de pouvoir rester au même niveau ou bien passer au niveau supérieur. C’est donc la confédération nationale qui va fixer, pour chaque Junior le chiffre d’affaires à réaliser. En outre, sur l’intranet des Junior-Entreprises Brésiliennes, il est possible de connaître l’objectif, le chiffre d’affaires et le nombre de projets réalisés de toutes les J.E. du pays. Cela change la façon d’appréhender l’expérience J.E. par rapport à la France où le chiffre d’affaires n’a pas d’influence direct pour la L30 (liste des 30 meilleures Junior-Entreprises de France). Ainsi, dans beaucoup de cas, les Junior-Entreprises sont majoritairement constituées de chefs de projet et de consultants et ont donc assez peu de membres qui vont s’occuper des autres aspects des Junior-Entreprises comme la trésorerie par exemple. L’importance des Junior-Entreprises pour la société brésilienne est d’une toute autre ampleur que ce que l’on peut avoir en France. Le Brésil est un pays en voie de développement, qui fait donc face à de nombreux défis. Les Junior-Entreprises se donnent alors pour mission d’aider au développement du pays et d’avoir un réel impact sur la société. Ils ne deviennent pas Junior-Entrepreneurs uniquement pour leur développement personnel, mais également parce qu’ils veulent travailler tous ensemble pour améliorer leur société, notamment du point de vue de l’éducation, du chômage et de l’économie.  

ENEJ Brazil dans SEPEFREI

ENEJ Junior & SEPEFREI

 

En terme de superficie, le Brésil est un pays bien plus grand que la France. L’organisation et la gestion des Juniors sont donc bien entendu différentes. Chaque état du pays possède sa propre fédération et le tout est géré par Brasil Junior, la confédération nationale. Chaque fédération régionale va organiser un congrès régional par an et l’une d’entre elle va réaliser, avec le soutien de Brasil Junior, un congrès national par annuel. En outre, afin de pouvoir continuer à augmenter le nombre de Junior-Entreprises et de permettre le bon développement de celles-ci, de plus en plus de fédérations locales se mettent en place. Par exemple, Liga, à Juiz de Fora regroupe aujourd’hui 23 Junior-Entreprises. Leur objectif est d’aider les J.E. à se développer, à résoudre d’éventuels problèmes, à faciliter les échanges et à aider à la création de nouvelles J.E. Elles organisent également des évènements pour que chacun puisse se rencontrer et se connaître. Durant mon séjour, j’ai eu la chance de participer au congrès national Brésilien, appelé ENEJ. Celui-ci a lieu une fois par an, pendant 5 jours et regroupe 5 000 personnes. Chaque année, il est organisé par une fédération différente, avec le soutien de Brasil Junior. Des Junior-Entrepreneurs viennent de tous les pays, certains ont passés 4 jours dans un bus pour pouvoir se rendre au congrès ! Il y a également des Junior-Entrepreneurs qui proviennent d’autres pays. Cette année, il y avait, en plus de moi-même, trois Colombiens, deux Argentins et deux Tunisiens. Par ailleurs, de grandes entreprises Brésiliennes sont présentes. Un espace est dédié à ces entreprises afin qu’elles installent des stands et organisent différentes activités. La journée, des conférences sont réalisées par les entreprises, ils encouragent les Junior-Entrepreneurs à réfléchir à comment ils peuvent avoir un impact positif sur la société et certaines Junior-Entreprises qui ont été choisies présentent une étude qu’elles ont réalisée et qui a eu un impact sur la société.

Grâce à l’exchange program, j’ai pu partir en immersion au sein des Junior-Entreprises Brésilienne. Ce fut une très bonne expérience que je conseille à tous. Sans aller dans le pays, sans travailler au sein des Junior-Entreprises, on ne se rend pas compte de l’influence de la culture et de l’histoire du pays sur la façon de travailler, dans mon cas, aux seins des J.E. . Cette expérience permet une ouverture d’esprit, d’explorer de nouvelles idées, de nouveaux concepts que l’on peut adapter à notre propre Junior-Entreprise. Par ailleurs, cette expérience m’a également permis de m’enrichir personnellement. Je n’ai pas simplement voyagé en faisant du tourisme, j’ai eu un vrai contact avec la culture et les habitants. J’ai vécu avec des étudiants, qui vont à l’université et travaillent pour leur Junior-Entreprise avec la même passion qui nous anime en France, à leur manière, selon leur culture.

 

 

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